Groupe JOGOO, Philosophie africaine. Débats & questions

Philosophie africaine

Figures & biographies

Certains éléments sont tirés de notes du cours de philosophie africaine donné à la Faculté de philosophie Saint-Pierre Canisius de Kimwenza (RDC).

Statue en bronze de Phillis Wheatley (Boston Women’s Memorial)
Phillis Wheatley (v. 1753-1784), née en Afrique de l’Ouest , première autrice africaine publiée en Amérique. Boston Women’s Memorial.
Antoine-Guillaume Amo

Antoine-Guillaume Amovers 1703 – après 1753

Né vers 1703 à Axim, sur le golfe de Guinée (actuel Ghana), baptisé en 1708 à Brunswick-Wolfenbüttel. En 1729, il soutient à Halle une thèse de droit, De iure Maurorum in Europa (Des droits des Africains en Europe) ; en 1734, une thèse de philosophie, De humana mentis apatheia. En 1753, il est de retour à Axim, où il vit en ermite. On ignore la date et le lieu de sa mort.

  • De iure Maurorum in Europa (1729, texte perdu)
  • De humana mentis apatheia (1734)
  • Tractatus de arte sobrie et accurate philosophandi (1738)

Portrait esquissé d’Antoine-Guillaume Amo, domaine public , Wikimedia Commons

Edward W. Blyden

Edward W. Blyden1832 – 1912

Né à Saint Thomas (Antilles danoises), il émigre au Libéria après qu’aucun établissement américain n’a voulu l’accueillir. Ministre presbytérien en 1858, il enseigne au Liberia College dont il devient président (1880-1883), et fut ministre plénipotentiaire à la Cour Saint James. Son œuvre porte essentiellement sur la race africaine.

  • A Vindication of the African Race (1857)
  • Christianity, Islam and the Negro Race (1887)

Edward W. Blyden, v. 1900 , domaine public, Wikimedia Commons

Kwame Nkrumah

Kwame Nkrumah1909 – 1972

D’origine ghanéenne, né à Nkroful, formé à Londres et aux États-Unis (université de Lincoln), où il entre en contact avec les milieux révolutionnaires noirs américains. Secrétaire du Ve Congrès panafricain (Londres, 1945), il mène son pays à l’indépendance en 1957 et en devient le premier président. Il joue un rôle important dans la création de l’OUA ; renversé par l’armée le 25 février 1966.

  • Towards Colonial Freedom (1946)
  • L’Afrique doit s’unir
  • Le consciencisme (1964)

© The National Archives (UK), OGL v1.0

Alexis Kagame1912 – 1981

Prêtre rwandais, présenté comme le plus immédiat réceptif de Tempels. Ses recherches portent sur l’étude de l’être à partir du kinyarwanda : il lie le sort de l’être à celui du langage pour établir les catégories africaines de penser. Sa grande spécificité est de mettre l’accent sur l’importance de la linguistique et de la méthodologie dans la recherche en philosophie africaine.

  • La philosophie bantu-rwandaise de l’être (Bruxelles, Académie royale, 1956)
  • La philosophie bantu comparée (Paris, Présence Africaine, 1976)
Fabien Eboussi Boulaga

Fabien Eboussi Boulaga1934 – 2018

Docteur en philosophie (thèse « Le mythe du dialogue », 1968 ; habilitation sur travaux, 1994). Il a enseigné à l’université d’Abidjan, à l’Institut de philosophie Saint-Pierre Canisius et à l’Université catholique d’Afrique centrale de Yaoundé. Figure majeure de la tendance critique, auquel le Groupe consacre un Fonds documentaire et archivistique.

  • « Le Bantou problématique », Présence Africaine, n° 66, 1968
  • La crise du Muntu. Authenticité africaine et philosophie (1977)
  • Christianisme sans fétiche. Révélation et domination (1981)
  • À contretemps. L’enjeu de Dieu en Afrique (1991)
  • L’affaire de la philosophie africaine. Au-delà des querelles (2011)

Fabien Eboussi Boulaga, 1974 , CC0, Wikimedia Commons

Paulin J. Hountondji1942 – 2024

Béninois, il a marqué les belles heures de la philosophie africaine contemporaine naissante. Souvent classé dans la « tendance critique », il affirme une philosophie africaine qui doit se faire effective par son caractère « sérieux » et « rigoureux ». Il a dirigé d’importants travaux collectifs sur les savoirs endogènes.

  • Sur la « philosophie africaine » (1976) , African Philosophy: Myth and Reality (1983)
  • Les Savoirs endogènes : pistes pour une recherche (dir., CODESRIA, 1994)
  • Combat pour le sens. Un itinéraire africain (1997)

Kwasi Wireduné en 1931

Né au Ghana, étudiant à Oxford, il soutient une thèse sur les rapports entre connaissance, vérité et raison sous la direction de Gilbert Ryle, avec Peter Strawson comme tuteur de collège.

  • Philosophy and an African Culture (Cambridge, 1980)
  • Cultural Universals and Particulars: An African Perspective (Indiana, 1996)
  • A Companion to African Philosophy (dir., Blackwell, 2003)

PtahhotepVe dynastie, ≈ 2500 av. J.-C.

« Celui qui apaise le dieu Ptah » : maire et vizir à la cour du pharaon Djedkarê Isési. Son enseignement, en trente-six maximes, est à la fois un modèle de recherche de perfection morale et de recherche rhétorique. Il aborde la notion de l’écoute comme idéal du sage et fondement de la fonction du juge.

Franz Crahay1923 – 1988

Philosophe belge, docteur en philosophie, il a exploré l’histoire de la philosophie, l’épistémologie et la logique. Intimement lié au débat sur la philosophie africaine : lors d’une conférence à Kinshasa en 1963, il soutient que, jusqu’alors, il n’existait pas encore de philosophie africaine au sens strict, l’« ethnophilosophie » confondant selon lui le vécu et le réflexif.

  • « Le décollage conceptuel : conditions d’une philosophie bantoue », Diogène, n° 52, 1965
Placide Tempels

Placide Tempels1906 – 1977

Né à Berlaar (Belgique), prêtre franciscain en 1930, arrivé au Congo belge en 1933. C’est comme prêtre itinérant qu’il publie La philosophie bantoue (1945/1949), point de départ des grandes controverses de la philosophie africaine contemporaine. Il quitte l’Afrique en 1962.

Placide Tempels , domaine public, Wikimedia Commons

Vincent Mulago gwa Cikala Musharhamina1924 – 2013

Prêtre séculier de la RDC. Théologien, il contribue au débat philosophique en partant de Tempels qu’il se propose de dépasser, à travers la notion d’union vitale. Directeur du Centre d’études des religions africaines (CERA) et doyen aux Facultés catholiques de Kinshasa.

  • Un visage africain du christianisme. L’union vitale bantu face à l’unité vitale ecclésiale (1965)