Ces papiers que nous présentons sont des vulgarisations de nos manuscrits du livre qui doit paraître intitulé Ravages platoniciens de la pensée de l’humanité et reconstruction topologique. Le temps d’attente de la préface en élaboration par le Maître et Professeur Bilolo Mubabinge Wu Kaluka, Directeur Général de l’INADEP, et l’attente pour avoir un éditeur qui convient.
Jürgen Habermas dont le concept de reconstruction de sa philosophie est la figure de discours de dialogismos, pour la philosophie Luba-Kasaï et la cosmogonie du Kasaï, le concept traditionnel de reconstruction est la figure de synecdoche. Nous découvrons la figure de rhétorique de synecdoche à l’instar des philosophes de renom tels que Jürgen Habermas qui a développé sa philosophie à partir du concept et de la figure de discours de dialogismos ou dialogue, Habermas reconstruit quasiment toutes ses problématiques à partir de là, un palabre ou un dialogue empirique ou contrafactuel partant de la sécularisation des images mythico-religieuses du monde d’un auditoire universel. La palabre pouvant être marquée par une prégnance culturelle particulière.
A l’instar de Mudimbe qui annonçait une philosophie tropologique de figure de fable, de métaphore… sans la commencer, que nous parachevons.
L’ontologie et critériologies bantu en philosophie africaine est construite sur les catégories linguistiques ou des classificatifs préfixés des langues bantu : Untu, muntu, kintu (Untu, mutshu, kitsu ; Untu, muntu, Tshintu) comme pensée grammaticale et sur les parties du discours. Le schéma formel adopté par Alexis Kagame est très proche de celui de Tempels, il suit les chapitres classiques de la scholastique sans y mettre la rhétorique. On utilise la Logique et l’Epistémologique ; la Cosmologie ; l’Ethique ; la Théodicée ; l’Ontologie. Au lieu de la rhétorique d’élocution.
Alexis Kagame va le faire avec les catégories des langues africaines, bantu et non bantu, manifestement en dehors des tropes, pour rester dans une métaphysique formelle et abstraite, nous détournant des gnoses africaines. Et donc sans texte.
Que ce soit la philosophie bantu, nilotique, pygmée ou autres, ces ontologies formelles sont toutes construites à partir des parties de discours et des langues et de la pensée grammaticale mais sans textes mythico-religieux.
Les catégories sont nombreuses, à partir de centaines de combinaisons des échanges des parties du discours ou des concepts linguistiques inhérents, à partir de quelques catégories comme Alexis Kagame le fait. « Si d’une manière générale la critériologie bantu ne semble pas particulière ou originale lorsqu’on la compare à d’autres cultures « analogues » ; l’ontologie , ou encore la métaphysique générale , est bien décrite , grâce aux systèmes de classes de la linguistiques ». (Alexis Kagame, La philosophie bantu-rwandaise de l’être, 1956 : « l’ethnophilosophie des Bantu », 1971, p.598) On n’est pas dans des classes de la linguistique avec Aristote mais de la rhétorique et de la cosmologie.
Il y a dix classes en kinyarwanda. Mais Alexis Kagame, et après lui Mulago et Mujynya mettent l’accent sur le fait que toutes les catégories peuvent être réduites à quatre concepts fondamentaux : (a) Muntu = l’être d’intelligence, correspond à la notion aristotélicienne de substance ; (b) Kintu = l’être sans intelligence ou chose ; (c) Hantu exprime le lieu et le temps (ici présente des variantes telles que Pa- dans les langues bantoues de la région Est, Va- dans la région Ouest et Go- +lo/ro dans le sud) ; (d) Kuntu indique la modalité et par conséquent centralise toutes les notions liées aux modifications de l’être en soi (quantité ou qualité) ou vis-à-vis d’autres êtres (relation, position, disposition, possession, action, passion). A ce titre, Kuntu correspond à sept catégories aristotéliciennes différentes. (Valentin Yves Mudimbe, L’Invention de l’Afrique, gnose, philosophie et ordre de connaissance, Présence africaine, Paris, 2021, p.330)
D’un point de vue rhétorique les quatre concepts fondamentaux issus de dix classes de la langue kinyarwanda peuvent s’ordonner en binarité de la synecdoque des parties, passant de la métaphysique à la logique.
Ntu pour le muntu
Le muntu pour le Ntu
Le kintu pour le muntu
Hantu (temps et lieu partiel) pour le Hantu (total)
Ces binarités causales obtiennent le statut épistémologique des binarités universelles comme le Yin et Yang du Taoïsme, les numéraux 0 et 1 en Informatique, les valeurs de vérité en Logique, la théorie des ensembles binaires, etc.
Yves Valentin utilise les tropes dans ses titres ou intitulés des livres tels que le « Corps glorieux des Mots et des Etres », ce qui traduit la fameuse analogie entre les Mots (les figures de discours qui expriment la théorie des ensembles binaires, et l’axiome de la métonymie d’extension : Tout est signe et tient lieu d’un autre signe que C.S. Peirce prend en compte), le Corps renvoie au fonctionnement binaire des organes en physiologie, dont les propriétés sont dans les axiomes de transitivité et intransitivité de synecdoque de genre, et l’univers renvoie finalement à deux luminaires, etc.).
De la logique formelle aristotélicienne comme élément de puzzle de la rhétorique d’élocution
Aristote a développé la Logique à partir de quelques lois du langage contenues dans les figures de discours, telle que la synecdoque. La synecdoque ou transfert des idées, qui est un échange d’une idée pour une autre idée associée. Ce sont donc des appréhensions ou des figures de pensée.
La figure de rhétorique synecdoque de genre est une reconstruction du carré logique et de l’hylémorphisme, elle décrit des couples de remplacement des propositions face à des réalités jumelaires à partir de l’histoire naturelle, i.e. la cosmogonie Kasaï luba. Ludwig Wittgenstein dit à juste titre que la philosophie n’est pas la science naturelle, elle est l’ensemble des propositions (phrases) des sciences de la nature.
L’étude vise à repartir du récit pour l’expression mathématique (i.e. de l’induction de l’histoire naturelle vers les ensembles binaires). Il s’agira de faire la régression de l’expression mathématique pour retourner au récit ou à la narration. Il est important dès lors de suivre deux mouvements, celui du modèle vers le récit, et vice versa. Celui du récit vers l’expression mathématique pour en déceler toute l’importance de la source africaine des textes.
L’étude reconstruit les expressions mathématiques (arithmologie et géométrie) à partir des textes, ce qui est en même temps le changement de paradigme dans l’étude philosophique de l’ « Etendue et de la chose pensante », c’est-à-dire aller de la géométrie analytique qui étudie l’étendue cartésienne vers la théorie des ensembles binaires qui présentent les figures de pensée. La théorie des ensembles binaires explore les figures de pensée. La présupposition matérielle se cristallise dans le récit naturalistique, i.e. jumelaire (jumeau) des Choses dans la gnose Luba par exemple.
Dans la tradition française, nous suivrons ici d’abord Pierre Fontanier que François Nkombe Oleko a aussi suivi.
Cette approche nous permet de comprendre ce que dit Charles Sanders Peirce : Tout est signe, et le signe tient lieu d’un autre signe.
Rappelons qu’il y a en somme des figures d’étymologie (18 figures), des figures de syntaxe ou grammaire dans lesquelles alterne la signification ordinaire avec des mots, et les figures de rhétorique, qui portent sur l’application ordinaire des mots.
Cette reconstruction des figures d’étymologie et de syntaxe en figures de rhétorique donne des axiomes de l’induction, en l’occurrence des axiomes des relations entre le langage et les réalités particulières comme une isomorphie rhétorique et mathématique, pas seulement des propositions particulières, mais des réalités qui sont recherchées pour construire la science moderne inductive (i.e. des relations cosmologiques, astrophysiques, infra-cellulaires ou subatomiques, supra-atomique, etc.)
A l’instar de schéma général soustrait des tropes complexes de : A pour B
En SYNECDOCHE
III. Synecdoche of the Whole
i.The whole, for every part
ii.Collective, for the particular
iii.The whole, for one of its parts
iv.A place, for a part of it
v.Time, for a part of it
IV. Synecdoche of part…
i.An integral part of man (individually), for the whole man…
ii.An integral part of men (collectively), for the whole
iii.A part of a thing, for the whole thing…
iv.A part of time for the whole time.
La philosophie de Yves Valentin Mudimbe et ses titres tropologiques sont une invitation à l’Afrique à développer des programmes épistémologiques indépendants capables de reconstruire une nouvelle Afrique libre. Quitte à développer ces multiples programmes épistémologiques mudimbiens. Au finish, il s’agit d’une invitation implicite à utiliser les tropes pour traiter la gnose africaine comme l’a fait le savant européen comme Claude Lévi-Strauss, invoquant Les Tristes tropiques, dont il a utilisé la combinatoire des parties du discours à l’intérieur des grands tropes pour analyser le système de parenté des sociétés dites archaïques et de pensée sauvage et magique. Non sans dénigrer la gnose africaine qu’il pense être générée par la magie et de façon inconsciente.
Plusieurs auteurs de la trempe de Valentin Yves Mudimbe en ont appelé à trouver une méthode pour interpréter ces textes fondamentaux des gnoses. Nous pensons avoir trouvé une de ces méthodes, que nous nommons, la méthode de l’isomorphie rhétorico-mathématique. Nous illustrons ses principes méthodologiques des relations ici.
COSMOGONIE ET RHETORIQUE : CLAUDE LEVI-STRAUSS, JÜRGEN HABERMAS
Selon Mudimbe, la cosmogonie (mythe, gnose) est un savoir supérieur et ésotérique. Pour Claude Lévi-Strauss, même pour Jürgen Habermas, c’est un savoir prétendument magique. Nous allons présenter et illustrer le savoir analogique de la cosmogonie bantu/luba Kasaï. A propos, disons d’emblée que les allégations de la production des connaissances mythiques par l’entremise de la prétendue magie (au lieu de dire mage) sont source de confusion.
Pour Talko Fourche et Henri Morlighem, ils font valoir plutôt la qualification des mages ou mieux du roi-mage. Par exemple « le grade de N’Tuite est le plus haut parmi les Seigneurs de l'amitié. Il n'est dépassé que par le grade de "Mulopo" qui équivaut à celui de roi, ou plus exactement, de roi-mage ». (T.Fourche, ibid., 84)
Par exemple, le titre de Mulunda (ami, diplomate) qui suivant les degrés d’initiation porte différents noms :
- Tshituala : Mulunda qui porte, sur les épaules, un candidat pour l’élever et lui faire « lire » les étoiles.
- Mukelenge wa Tshibangu : Mulunda qui a reçu le sceptre de pouvoir
- Mukelenge wa Dikumba : Mulunda qui a reçu la corbeille de pouvoir. (T.Fourche, 1964, p.265)
A propos d’une production inconsciente des connaissances, les mêmes Talko Fourche et Henri Morlighem font valoir la qualité des mediums ou des voyants intégrés dans le système du pouvoir.
A la suite du Mage royal, il y a quatre voies d’accès :
1) La Voie des Mages de l’ignorance (à lire inversement à la suite de la figure de discours d’hypallage ou échange de construction, le mot ignorance devient Mages de la connaissance) Il s’agit d’empêcher les profanes d’accéder à l’initiation. Les Mages de la connaissance ou de l’Effleurement (textuellement : Epi de millet avec lequel on effleure) suivi de celle de l’Accablement (à lire également inversement comme maisonnée de la prospérité, de la libération ou d’épanouissement par epanodos ou inversion, une antiphrasis ou permutation).
2) La Voie Directe des Milunda (Seigneurs). (Insigne : sceptre ermite)
3) La Voie des Médiums du genre chefs des guerres. (Insigne : hache)
4) La Voie des Médiums du genre Milunda : (Insigne : herminette)
Ce sont les Médiums qui produisent les connaissances.
L’étude que nous présentons porte à la fois sur l’illustration de l’ordre de la connaissance africaine et le projet épistémologique de V.Y.Mudimbe à partir de la gnose (cosmogonie) africaine, en l’occurrence l’ordre Luba-Kasaï. Mudimbe reproduit savamment en fait l’épistémologie de la gnose (cosmogonie) africaine dans un projet rhétorique. Cet ordre épistémologique et gnostique est un système de signification cohérente explicative de tout.
C’est justement cela la culture en tant qu’elle se définit comme un système explicatif unique de tout, du corps, des mots et de l’univers. Ce qui rappelle le livre de Mudimbe de 1991, le « Corps glorieux des Mots et des Etres », une figure comme projet épistémologique tropiques qui n’a pas été développé.
UNE TENTATIVE DE CONTINUATION DE LA PHILOSOPHIE TROPOLOGIQUE DE MUDIMBE DU « CORPS GLORIEUX DES MOTS ET DES ETRES »
Il s’agit de la binarité qui traverse le corps physiologie (i.e. poumon et foie qui fonctionnent ensemble), des mots (voir binarité des classificatifs préfixés des langues bantu) et des Etres (la binarité cosmique (soleil et lune)). Que Mudimbe ne développe pas.
D’où INGENIERIE RHETORIQUE ET ISOMORPHIE DES ENSEMBLES BINAIRES « DES MOTS ET DES CHOSES » FACE A LA CLASSIFICATION NATURELLE :
DEVELOPPEMENT DES CORPS GLORIEUX DE MUDIMBE DANS LA CLASSIFICATION JUMELAIRE DES ORGANES ET ANALOGIE GENERALE AVEC LES FIGURES DE DISCOURS
Nous trouvons ici des allégories constituées des métaphores des scènes de la cuisine où il y a femmes, époux, aliments, et autres organes présentés toujours dans des ensembles binaires, dans Tiakani ou Mukanda (loi initiatique du Kasaï).
Deux binarités physiologiques et zoologiques : mâle et femelle et corrélation tropologique :
« Il (Maweja Nangila) créa jumellement les Entrailles :
- Les Organes du Corps, jumeau aîné et mâle.
- Les Boyaux, jumelle cadette et femelle.
Les Boyaux sont comme les femmes des Organes : ils leur préparent leurs aliments, de même que les femmes préparent et cuisent les aliments pour leurs époux.
« Parmi les Organes, il créa jumellement :
La Chair Compact du Verbe ou Cœur, jumeau aîné et mâle ; et la Chair Compact Blanche ou Poumons, jumelle cadette et femelle.
La Chair Compact Rouge ou Foie, jumeau aîné et mâle ; la Rate, jumelle cadette et femelle.
Le Rognon Droit, jumeau aîné et mâle ; et le Rognon Gauche, jumelle cadette et femelle.
Chacun des Organes a été créé hermaphrodite, mais mâle ou femelle par rapport à son jumeau.
Les Organes ne sont pas égaux entre eux :
- Les Testicules ou les Ovaires sont comme les sœurs assistantes du Cerveau qui est leur aîné.
- Le Poumon est comme la femme assistante du Cœur : il lui prépare sa nourriture.
- La Rate est comme la sœur ou la femme du Foie.
- Le Rognon Gauche est comme la femme ou la sœur du Rognon Droit. » (T.Fourche et H.Morlighem, Une Bible noire, 1964, p.95)
MYTHOLOGISATION ET DEMYTHOLOGISATION DE LA ZOOLOGIE
Faisons un parcours détaillé de ce texte cosmogonique Luba Kasaï en y appliquant les catégories concrètes de la réalité, en particulier, celle des espèces, de la figure de synecdoque :
‘MAWEJA NANGILA créa les oiseaux rats, créa les oiseaux Nocturnes, créa les Insulteurs, …
MN créa jumellement les deux grandes espèces d’oiseaux, ayant créa tout d’abord leur ainé, le Katende à la poitrine blanche (encephalartes, Poggei).
Ces deux grandes espèces sont devenues :
- L’espèce des oiseaux à plumes, jumeau ainé mâle.
- L’espèce des oiseaux rats, jumelle cadette et femelle.
Parmi les oiseaux à plumes, il créa jumellement deux espèces principales :
- Les oiseaux de la savane, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, le Katende à la poitrine blanche.
- Les oiseaux de la forêt, jumelle cadette et femelle, avec leur ainé, l’Epervier.
Parmi les oiseaux de la savane, il créa jumellement, en quatre paires, huit espèces particulières :
- L’espèce de Tutenda, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, le Katenda à poitrine blanche ; et l’espèce des Bilaja, jumelle cadette et femelle, avec leur ainé, l’oiseau N’Daja.
- l’espèce des canards, jumeaux ainé et mâle, avec leur ainé, le Plongeon des étangs ; et l’espèce des Volailles, jumelle cadette et femelle, avec leur ainé, la petite Caille. Cette espèce a été divisée, comme les autres, par la création jumelle de sortes principales et particulières, où l’on trouve les poules, les cailles, les petrix, les francolins, les pintades, les outardes, etc.
- l’espèce des passereaux, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, le Kavilevile (vidua serana) ; et l’espèce des Arondes, jumelle cadette et femelle, avec leur ainé, la petite Hirondelle.
- l’espèce des Echassiers, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, la fausse aigrette Pique –Bœufs ; et l’espèce des …( ?).
Parmi les oiseaux de la forêt, il créa jumellement, en quatre paires, huit espèces particulières :
-L’espèce des rapaces, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, l’Epervier, et l’espèce des M’Bonkodi (phyllastrophus albipuralis) jumelle cadette et femelle, avec leur ainé, l’oiseau (Andropadus virens).
- L’espèce des colombins, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, la petite Tourterelle fauve Kamanda N’Kustshi, (chalcopelia Afran) et l’espèce des Huppes, jumelle cadette et femelle, avec leur ainé, l’oiseau N’Duba (Rhyncotus Rubescens).
- L’espèce des grimpeurs, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, le Callae Mukwekwe ; et l’espèce des Parleurs, jumelle cadette et femelle, avec leur ainé, le Perroquet à plume de queue rouges.
- Les espèces des insulteurs, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, le Katodi (Clamator Jacobinus) ; et l’espèce des oiseaux nocturnes, jumelle et femelle, avec leur ainé, le Hibou Tshipungulu.
Parmi les oiseaux rats, il créa jumellement, en deux paires, quatre espèces particulières : d’abord deux paires principales :
- Les chauves –souris, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, la petite chauve-Souris.
- Les Ecureuils volants, jumelle cadette et femelle, avec leur ainé, d’Ecureuil Volant.
Il subdivisa l’espèce des Chauves – Souris, jumeau ainé et mâle, avec leur ainée, la petite Chauve-Souris ; et les Roussettes, jumelles cadette et femelle, avec leur ainée, la Roussette Mudima – Malongo, « qui ordonne les ténèbres ».
- Les Ecureuils Volants, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, l’écureuil volant Lukuyi ; et les rats volants, jumelle cadette et femelle, seuls de leur espèce’.
COSMOGONIE OU MYTHE LUBA DE LA CREATION DES ANIMAUX AQUATIQUES
Cette gnose zoologique Luba-Kasaï est semblable à la classification zoologique moderne nonobstant les dualités sexuelles et hiérarchies des êtres inhérentes à toute cosmogonie, universellement parlant.
Ici, la classification des animaux aquatiques commence par un fabliau, un véritable texte zoolo-sociologique. « Ce n’est pas à cette époque que l’on aurait pu dire à son voisin, en faisant allusion à la méchanceté et à la voracité du crabe : « Oui, les bonnes paroles que tu me sers ressemblent à celles que le Crabe sert à la Crevette. » Les membres de la famille de crabe, traduits par crustacés, en comprend que les crustacés d’eau douce (crabes, crevettes, etc…) » (T.Fourche et H.Morlighem, 1964, p.70).
« (…) D’après les uns, l’ainé des Animaux Aquatiques dit le Crabe ; et d’après d’autres, le Têtard.
Suivant ceux-ci, Maweja Nangila créa jumellement, tout d’abord, les deux grandes espèces d’Animaux aquatiques qui sont devenus :
- L’espèce de ceux qui s’apparentent aux Poissons, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé à tous, le Têtard.
- L’espèce de ceux qui ne s’apparentent pas aux Poissons, jumelle cadette et femelle, avec leur ainé, le Crabe, Matembu.
Parmi l’espèce de ceux qui s’apparentent aux Poissons, il créa par la suite, en deux paires jumelles, quatre espèces particulières :
Les Batraciens (crapeaud), jumeau ainé et mâle, avec leur ainé, le Têtard ; les Silures, jumelles cadette et femelle, avec leur ainé, le Silure Tshikunga.
Les « Serpents » et les espèces de Poissons qui y ressemblent , et les sortes de Lézards sans pattes , qu’on appelle communément « Serpent » , jumeau ainé et mâle , avec leur ainé , le Serpent d’Eau Mwanzambala et sa femelle N’Kangi (…) , et les Poissons , jumelle cadette et femelle , avec leur ainé , le petit poisson Tshifitu.
Il subdivisa les « Serpents » en créant, en trois paires jumelles, six sortes :
- Les Serpents (proprement dits), jumeau ainé et mâle ; les Anguilles, jumelle cadette et femelle.
- Les Poissons à Becs Aigus, jumeau ainé et mâle, et les Orvets, jumelles cadette et femelle,
- Les Poissons à Bouches Rondes (une sorte de murènes), jumeau ainé et mâle ; et les Poissons à Trompes, jumelles cadette et femelle.
Parmi l’espèce principale des Animaux Aquatiques qui ne s’apparentent pas aux Poissons, il créa, en une paire jumelle, deux sortes :
- Les Crustacés, jumeau ainé et mâle, avec leur ainé le Crabe Matembu ; et les Coquillages, jumelle cadette et femelle, avec leur ainé le Cauri. (T. Fourche et H. Morlighem, 1964, p.70.).
DE LA COSMOGONIE CHEZ YVES VALENTIN MUDIMBE
Cette présentation que nous faisons et élargissons à l’ « éminent philosophe » Jürgen Habermas porte sur l’analyse de V.Y.Mudimbe du deuxième chapitre de son livre intitulé L’Invention de l’Afrique, gnose, ordre de la connaissance et philosophie.
L’Occident sciemment ignore l’ordre culturel et politique de la connaissance africaine, privilégiant son propre ordre ou paradigme.
Le projet épistémologique de Jürgen Habermas tente d’expliquer l’analogie générale qui se trouve dans les mythes, légendes ou cosmogonies.
L’ « ontologie de la logique » est ici « le Réel » comme figure de discours ou de rhétorique. Ce que nous voyons faire François Nkombe Oleko dès l’entame de son livre Métaphore et métonymie dans les symboles parémiologiques : l’interconnectivité des connecteurs de la logique des classes et de la logique des propositions dans le calcul logique renvoyant à la réduction réciproque des mathématiques (de la logique des classes et à la théorie des ensembles) à la logique des propositions.
Un tel programme herméneutique rejoint le projet logico-épistémologique moderne de Francis Bacon.
Le point de vue de Pierre Fontanier dans son ouvrage intitulé Les figures de discours, permet à François Nkombe dans son livre intitulé : Métaphore et métonymie dans les symboles parémiologiques, l’intersubjectivité dans les « proverbes Tetela », sur la base d’une bibliographie particulière qui analyse la forme logistique des axiomes qui se trouvent au sein même des figures de discours comme la synecdoque, la métonymie, la métaphore, l’analogie, la comparaison et le proverbe. Toutefois, notons que les dichotomies structurelles inhérentes qui sont charriées dans ces tropes rejoignent les caractéristiques des discours cosmogoniques.
Nkombe Oleko recourt à la linguistique et à la sémiologie des auteurs linguistes comme Gérard Genette, Julia Kristeva, Greimas, Todorov, Jakobson, Umberto Eco, Peirce ... Cette analyse linguistique et sémiologique se fait en partie dans le cadre de l’herméneutique. Susceptible d’être poursuivie dans la perspective épistémologique tant et si bien qu’à propos de la référence (nom propre) et fait (sens), le sens ici n’a rien à voir avec la théorie de la signification.
Dans la ligne de la logistique de Nkombe, cette approche logico-linguistique n’a pas visiblement intégré la théorie de Bild-théorie comme trope de topographia.
Il y a des propositions qui représentent des noms propres en phase avec des faits ou des choses, telle que nous le voyons dans le Tractatus logico-philosophicus de Wittgenstein pour prendre en charge pleinement des auteurs anglo-saxons emblématiques comme Frege, Bertrand Russell, Whitehead, Quine … Il y a donc changement radical de perspective avec ces derniers. Il pourrait être complété par rapport au livre monumental de Nkombe Oleko ci-dessus, de cette bibliographie des auteurs anglo-saxons pour passer de l’herméneutique à l’épistémologie des sciences (voir le projet baconien de départ) et avec une induction qui présuppose la déduction.
Au sens épistémologique, la référence ou l’extensionnalité semble être prise en compte dans l’étude de Nkombe et non le sens, l’intensionalité. Et même alors, il faut dire que le sens ou l’intensionalité n’est pas une herméneutique au sens de la recherche d’une signification dans le rapport au fait ou dans le rapport à la chose du monde atomique et d’une proposition atomique.
Venons-en à Wittgenstein lui-même. Wittgenstein hésite à faire intervenir les figures de discours dans ses deux livres monumentaux (Tractatus et Les investigations philosophiques).
Et nous pourrons revenir à l’herméneutique pour ainsi dire pragmatique avec les mêmes figures de discours avec Nkombe Oleko non sans relever l’intelligence remarquable qui se dégage de cet exercice logique d’envergure.
Au demeurant, selon Charles Morris, la sémiotique comprend :
1° Les rapports des signes avec les signes, c’est la syntaxe ou grammaire. Aristote élabore des figures de syntaxe de la langue grecque.
2° Les rapports des signes avec l’objet, ce sont des figures d’étymologie comme la linguistique de Johnson, voir l’hébreu de Lovo.
3° Les rapports des signes avec l’objet et les sujets interprétant. Ce sont les figures de rhétorique.
Ces papiers que nous présentons sont des vulgarisations de nos manuscrits du livre qui doit paraître intitulé Ravages platoniciens de la pensée de l’humanité et reconstruction topologique. Le temps d’attente de la préface en élaboration par le Maître et Professeur Bilolo Mubabinge Wu Kaluka, Directeur Général de l’INADEP, et l’attente pour avoir un éditeur qui convient.