Groupe JOGOO, Philosophie africaine. Débats & questions

Édito de la semaine · L’invité

Ce que l'Afrique doit à Cheikh Hamidou Kane et à Alioune Diop

L'Afrique peut-elle s'ouvrir au monde… sans cesser de penser par elle-même ?

Jean-Claude Djéréké, Bryn Mawr College (Philadelphie), chercheur associé au CERCLECAD (Ottawa) jcdjereke@yahoo.fr

Jean-Claude Djéréké, Bryn Mawr College (Philadelphie), chercheur associé au CERCLECAD (Ottawa) jcdjereke@yahoo.fr

11 octobre 2026

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« L'école où je pousse nos enfants tuera en eux ce qu'aujourd'hui nous aimons et conservons avec soin, à juste titre. […] Ce que je propose, c'est que nous acceptions de mourir en nos enfants et que les étrangers qui nous ont défaits prennent en eux toute la place que nous aurons laissée libre. »
La Grande Royale, in Cheikh Hamidou Kane, L'Aventure ambiguë, Paris, Julliard, 1961, p. 57.
Cheikh Hamidou Kane (à gauche) et Alioune Diop (à droite) : deux figures majeures de la pensée africaine, unies par une même exigence d’émancipation intellectuelle. En arrière-plan, Présence Africaine et la Sorbonne évoquent le Congrès international des écrivains et artistes noirs de 1956.
Cheikh Hamidou Kane (à gauche) et Alioune Diop (à droite) : deux figures majeures de la pensée africaine, unies par une même exigence d’émancipation intellectuelle. En arrière-plan, Présence Africaine et la Sorbonne évoquent le Congrès international des écrivains et artistes noirs de 1956.

Il est des semaines où l'actualité rejoint l'histoire. La disparition de Cheikh Hamidou Kane survient à l'heure d'un double anniversaire : soixante-cinq ans se sont écoulés depuis la parution, en 1961, de L'Aventure ambiguë aux Éditions Julliard et chez Présence Africaine, et soixante-dix ans depuis la tenue, en septembre 1956, du premier Congrès international des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne. Un roman et un congrès, un écrivain et un éditeur : deux gestes fondateurs qui, à cinq années d'intervalle, ont posé à l'Afrique la même exigence, celle d'aller à la rencontre du monde sans y perdre son âme ni sa voix.

Le premier axe de cette réflexion est celui de Cheikh Hamidou Kane. Né le 2 avril 1928 à Matam, passé par l'école coranique avant d'entrer à l'école française, l'écrivain a fait de cette double formation la matière d'un récit devenu un classique, couronné dès 1962 par le Grand prix littéraire d'Afrique noire. À travers le destin de Samba Diallo, L'Aventure ambiguë interroge le prix de l'école de l'autre : « ce qu'ils apprendront vaut-il ce qu'ils oublieront ? » Elle met aussi en garde contre une foi qui, cessant d'être dialogue, se mue en fanatisme.

Le second axe est celui d'Alioune Diop, l'homme qui, en fondant la revue Présence Africaine en 1947 puis la maison d'édition du même nom, a offert aux intellectuels noirs un lieu où penser, publier et se faire entendre, avant de les réunir à Paris en 1956. Là où Kane met en scène le déchirement, Diop bâtit les institutions qui permettent de le surmonter. Il ressort de ce rapprochement une même leçon : recevoir sans se perdre, et penser par soi-même. Le présent éditorial revient d'abord sur l'œuvre de Cheikh Hamidou Kane, puis sur le combat d'Alioune Diop, avant de demander ce que l'Afrique d'aujourd'hui fait de ce double héritage.

L'Aventure ambiguë ou la défaite de l'esprit conjurée

Le roman L'Aventure ambiguë, publié en 1961, est d'abord la prise de conscience d'un danger. Après avoir essuyé la défaite face au colonisateur, la communauté des Diallobé comprend qu'elle risque de disparaître autrement : par la misère, par la dépossession culturelle et, surtout, par son incapacité à comprendre le monde nouveau qui s'impose à elle.

La défaite des armes pourrait ainsi être suivie d'une défaite de l'esprit.

C'est pour survivre à ce bouleversement que la Grande Royale prend une décision qui va diviser la communauté : envoyer les enfants diallobé à l'école occidentale. Pour elle, il ne s'agit pas de capituler devant le colonisateur, mais d'apprendre à connaître l'arme intellectuelle avec laquelle celui-ci domine désormais le monde. Elle sait que « la tornade qui annonce le grand hivernage de notre peuple » est déjà là. Il faut donc apprendre à lui résister.

Face à ceux qui redoutent que l'école occidentale ne détruise les fondements de leur civilisation, notamment le Chevalier et Thierno, la Grande Royale avance un argument décisif. À l'école des Blancs, les enfants apprendront « l'art de lier le bois au bois », c'est-à-dire les techniques et les connaissances qui donnent à l'Occident sa puissance. Mais ils apprendront également « l'art de vaincre sans avoir raison ». Autrement dit, ils découvriront les mécanismes de domination d'un monde où la force ne procède pas toujours de la vérité.

La Grande Royale sait pourtant ce que cette victoire risque de coûter. Elle avertit que l'école occidentale « tuera en eux ce que nous aimons tant ». Toute conquête porte donc en elle une perte : nul ne gagne ceci sans perdre cela. Cette phrase résume peut-être toute l'ambiguïté du destin de Samba Diallo.

Samba Diallo, c'est nous

Car le héros deviendra précisément l'homme déchiré entre deux univers. Parti en Occident pour apprendre, il en reviendra profondément transformé. L'étude de la philosophie en France, la confrontation avec la pensée rationaliste et les interrogations métaphysiques fissurent les certitudes religieuses de son enfance. Le jeune disciple qui recevait avec ferveur les enseignements du maître Thierno n'est plus le même homme au retour. Il a acquis des connaissances nouvelles, mais il a aussi perdu quelque chose de lui-même.

Samba Diallo n'est pas seulement un personnage de roman. Il est, à bien des égards, chaque Africain passé par l'école occidentale et qui s'est retrouvé écartelé entre tradition et modernité, entre héritage et ouverture, entre foi et raison. Il représente cette génération à laquelle l'Histoire a demandé de devenir simultanément héritière d'une civilisation et élève d'une autre.

Là réside sans doute la force exceptionnelle de Cheikh Hamidou Kane. Il n'a pas simplement raconté l'histoire d'un jeune homme envoyé étudier en Europe. Il a posé des questions qui demeurent actuelles : comment s'ouvrir à l'autre sans se perdre soi-même ? Comment apprendre de l'Occident sans considérer que tout ce qui en vient est nécessairement supérieur ? Comment rester enraciné dans sa culture sans transformer la tradition en prison ?

Une foi qui n'a pas besoin de violence

Cheikh Hamidou Kane restera surtout associé à cette aventure ambiguë de Samba Diallo, personnage hybride, devenu presque étranger aux deux mondes qu'il porte en lui. Mais l'écrivain ne se contente pas de constater cette déchirure. La fin tragique du roman semble également prendre position contre le fanatisme. En faisant poignarder Samba Diallo par le fou, après que celui-ci a refusé de succéder au maître Thierno, Hamidou Kane donne à réfléchir sur les dangers d'une foi qui cesse d'être dialogue avec Dieu pour devenir volonté de s'imposer aux autres.

Le geste du fou est peut-être l'une des images les plus fortes du roman : lorsqu'une conviction religieuse se transforme en absolu et prétend éliminer celui qui pense autrement, la foi cesse d'être chemin de vérité. Or le croyant n'a pas besoin de défendre Dieu par la violence. Dieu n'est la propriété de personne.

La silhouette de Cheikh Hamidou Kane s'est effacée ; sa voix s'est tue. Mais il sera difficile d'oublier les deux grandes leçons que L'Aventure ambiguë continue de transmettre. Première leçon : l'Africain doit apprendre à tirer le meilleur des cultures africaine et occidentale. Il ne s'agit ni de rejeter l'Occident en bloc ni de l'imiter servilement. L'enjeu est de recevoir, de discerner, de transformer et d'assimiler ce qui peut contribuer à l'épanouissement de l'homme africain. En d'autres termes, l'ouverture ne doit pas être une reddition.

Deuxième leçon : il est possible de croire en Dieu sans devenir fanatique. La foi véritable n'a pas besoin de violence pour exister. Elle n'a pas besoin d'écraser celui qui refuse de croire. Dieu n'appartient à personne et n'a demandé à personne de Le défendre contre Ses créatures.

D'une aventure à l'autre : Présence Africaine et l'audace de 1956

L'Aventure ambiguë n'est pas née dans le vide. Lorsque le roman paraît en 1961, aux Éditions Julliard et chez Présence Africaine, la maison fondée par Alioune Diop a déjà fait de Paris l'un des carrefours de la pensée noire. Cinq ans plus tôt, du 19 au 22 septembre 1956, se tenait dans le prestigieux amphithéâtre Descartes de la Sorbonne un événement dont la portée historique, intellectuelle et politique mérite d'être constamment rappelée : le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs. À l'initiative d'Alioune Diop et de la revue Présence Africaine, une soixantaine de délégués venus d'Afrique, des Caraïbes, de Madagascar, des États-Unis et d'autres horizons du monde noir se retrouvèrent dans l'un des hauts lieux du savoir occidental.

Ce n'était pas une simple rencontre littéraire. Ce qui se jouait à la Sorbonne dépassait largement les préoccupations des écrivains et des artistes. Il s'agissait de savoir comment les peuples noirs pouvaient reconquérir leur dignité dans un monde où le colonialisme, le racisme et les préjugés avaient longtemps prétendu définir leur place et leur valeur. Le congrès entendait réfléchir à la culture noire, à ses richesses, à ses difficultés, à ses possibilités de développement et à sa place dans l'universel. Le Monde, qui rendait compte de l'ouverture du congrès, soulignait déjà que les discussions sur la culture étaient inséparables des aspirations à l'indépendance qui traversaient alors le monde colonisé.

Quelle extraordinaire concentration d'intelligences dans un même lieu ! Y figuraient notamment Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Frantz Fanon, Cheikh Anta Diop, Amadou Hampâté Bâ, Bernard Dadié, Boubou Hama, Ferdinand Oyono, Paul Hazoumé, Jacques Rabemananjara, Édouard Glissant, Richard Wright, James Baldwin et bien d'autres. Du côté des intellectuels et artistes européens se trouvaient Jean-Paul Sartre et Pablo Picasso, dont une œuvre avait d'ailleurs servi à concevoir l'affiche du congrès. Les travaux furent d'une grande richesse. Frantz Fanon parla du rapport entre racisme et culture ; Aimé Césaire intervint sur la culture et la colonisation. Senghor réfléchit à l'esprit de civilisation et aux lois de la culture négro-africaine. Amadou Hampâté Bâ aborda la culture peule. Jacques Stephen Alexis parla du réalisme merveilleux haïtien. Il faut également se souvenir du contexte : la plupart des pays africains sont encore sous domination coloniale, la conférence de Bandung vient d'avoir lieu l'année précédente, la guerre d'Algérie est en cours. Organiser à Paris un tel congrès était en soi un acte intellectuel et politique considérable.

Alioune Diop, accoucheur d'idées

Derrière cette extraordinaire assemblée d'écrivains, de philosophes, de chercheurs et d'artistes se tenait un homme dont le rôle mérite une attention particulière. Alioune Diop n'était pas simplement l'organisateur matériel d'un congrès. Il avait compris avant beaucoup d'autres que la bataille pour la libération de l'Afrique ne se gagnerait pas seulement sur le terrain politique : elle devait aussi être menée sur le terrain de l'intelligence, de la culture, de la mémoire et de la production des idées. En créant la revue Présence Africaine en 1947, puis la maison d'édition du même nom deux ans plus tard, il offrait aux écrivains et intellectuels noirs un espace pour penser, écrire, publier et dialoguer avec le reste du monde. Sans de tels lieux, bien des œuvres, et L'Aventure ambiguë n'est pas la moindre, auraient eu plus de peine à trouver leur public. Alioune Diop avait saisi quelque chose d'essentiel : un peuple qui ne produit pas ses propres idées risque de vivre éternellement dans les idées produites par les autres. Sa préoccupation fondamentale était la reconquête de la dignité noire. Mais cette reconquête ne signifiait pas, chez lui, la recherche de privilèges particuliers pour les Noirs. Il ne demandait pas que l'homme noir soit placé au-dessus de l'homme blanc. Il demandait simplement que l'homme noir soit reconnu comme un homme, avec une histoire, une pensée, une culture, une spiritualité, des créations artistiques et une capacité propre à participer à la construction de l'universel.

C'est en cela que son projet était profondément humain. Il ne cherchait pas à enfermer les peuples noirs dans une identité fermée. Il voulait au contraire permettre à leurs cultures de dialoguer avec les autres dans une relation débarrassée du mépris et de la domination. Se reconnaît ici la parenté profonde avec la Grande Royale de Cheikh Hamidou Kane : aller à l'école du monde, oui, mais pour y entrer debout et y parler de sa propre voix.

Il fut, pour reprendre une belle expression de Fabien Eboussi Boulaga, un « accoucheur d'idées ». Il savait faire naître des rencontres, susciter des débats, ouvrir des espaces et mettre les autres en valeur. Il n'avait pas besoin d'occuper le devant de la scène pour exercer une influence considérable. Sa force était précisément de créer les conditions permettant aux autres de penser et de parler. C'est ce qui amène Eboussi à le considérer comme un intellectuel authentique.

Qui, aujourd'hui, ose franchir la porte ?

Car la libération politique et l'indépendance économique ne peuvent être séparées de la bataille culturelle. Un pays peut obtenir son indépendance juridique et demeurer dépendant dans sa manière de penser. Il peut avoir un drapeau, un hymne national, un président et un gouvernement tout en continuant à considérer que les grandes idées doivent nécessairement venir d'ailleurs. Samba Diallo, en ce sens, n'est pas seulement un individu déchiré : il est l'image d'un continent qui hésite encore entre l'imitation et la création.

L'attitude d'Alioune Diop tranche avec une certaine conception contemporaine du pouvoir en Afrique, où des sommes considérables sont parfois englouties dans des cérémonies, des monuments, des événements éphémères ou des opérations de prestige, alors que les institutions qui produisent et transmettent le savoir manquent de moyens. La question est donc légitime : qui, aujourd'hui, est capable de refaire ce qu'Alioune Diop a fait hier ? Qui serait capable de réunir dans un même espace les meilleurs écrivains, historiens, philosophes, artistes, économistes et scientifiques du continent et de la diaspora pour réfléchir ensemble à l'avenir de l'Afrique ? Qui serait capable de créer une maison d'édition africaine suffisamment forte pour publier nos penseurs, traduire leurs œuvres, les diffuser dans les écoles et les universités et les faire connaître dans le monde ? Qui accepterait d'investir durablement dans une institution culturelle sans chercher immédiatement à transformer cet investissement en propagande personnelle ?

C'est ici que l'interpellation de Wole Soyinka prend tout son sens. Soutenir une institution comme Présence Africaine, ce n'est pas faire la charité à un écrivain ou à un éditeur. C'est investir dans la mémoire, l'intelligence et l'avenir d'un continent. Ainsi s'expliquent la tristesse, voire l'indignation, devant le fait que tant de gouvernements africains aient su mobiliser des ressources considérables pour des dépenses de prestige, tandis que les grandes institutions culturelles du continent demeurent souvent fragiles financièrement. En 1956, des hommes et des femmes qui ne disposaient ni des moyens financiers ni des technologies dont nous bénéficions aujourd'hui ont réussi à faire de Paris le théâtre d'une immense affirmation intellectuelle noire. Ils avaient peu de ressources, mais ils avaient des idées. Ils n'avaient pas toujours le pouvoir politique, mais ils avaient une vision. Ils ne possédaient pas nécessairement de grandes institutions, mais ils avaient la volonté de les créer. Aujourd'hui, l'Afrique dispose de davantage d'universités, de gouvernements, de fondations, de médias et de ressources financières. Mais avons-nous encore la même audace intellectuelle ?

Recevoir sans se perdre, penser par soi-même

Alioune Diop avait compris que la culture n'était pas un luxe réservé aux périodes de prospérité, mais une condition de la liberté. Cheikh Hamidou Kane, de son côté, a montré que s'ouvrir au monde n'a de sens que si l'on ne s'y dissout pas. Le véritable hommage que l'Afrique pourrait rendre à ces deux hommes ne consisterait donc pas seulement à commémorer un décès ou un anniversaire. Il consisterait à reprendre leur combat là où ils l'ont laissé : créer, publier, penser, transmettre, dialoguer et faire en sorte que l'Afrique ne soit plus seulement un objet d'étude, mais un sujet qui pense et qui parle par lui-même.

C'est peut-être finalement cela, la véritable aventure ambiguë : apprendre à vivre entre plusieurs mondes sans être prisonnier d'aucun, recevoir sans se perdre, croire sans fanatiser, et s'ouvrir à l'autre sans renoncer à soi-même. Et peut-être est-ce cette bataille-là qui se perd lorsque nos livres, nos chercheurs, nos maisons d'édition et nos institutions culturelles restent les derniers bénéficiaires des budgets publics.

En 1956, à la Sorbonne, Alioune Diop avait ouvert une porte. En 1961, Cheikh Hamidou Kane y fit entrer Samba Diallo et, avec lui, toute une génération.

Reste à savoir si, soixante-dix ans plus tard, nous voulons encore la franchir.

Références bibliographiques

  1. DIOP, A. (dir.), « Le 1er Congrès international des écrivains et artistes noirs (Paris, Sorbonne, 19-22 septembre 1956) », Présence Africaine, nouvelle série, n° 8-9-10, juin-novembre 1956.
  2. FRIOUX-SALGAS, S. (dir.), « Présence Africaine. Les conditions noires : une généalogie des discours », Gradhiva, n° 10, 2009.
  3. KANE, C. H., L'Aventure ambiguë, Paris, Julliard, 1961 ; rééd. Paris, 10/18.
  4. KANE, C. H., Les Gardiens du temple, Paris, Stock, 1995.
  5. MUDIMBE, V. Y. (dir.), The Surreptitious Speech: Présence Africaine and the Politics of Otherness, 1947-1987, Chicago, University of Chicago Press, 1992.
  6. « Nécrologie : l'ancien ministre et grand écrivain Cheikh Hamidou Kane rappelé à Dieu », Le Soleil (Dakar), 4 octobre 2026.
  7. À propos de l'auteur
  8. Né en 1962 en Côte d'Ivoire, Jean-Claude Djéréké est docteur en histoire contemporaine et en sociologie des religions (EPHE-Sorbonne, Paris). Formé en lettres modernes à l'Université d'Abidjan, en théologie à Nairobi et à Rome, en science politique à l'Institut catholique de Paris et en philosophie à Kinshasa, au Centre Sèvres et à l'Université Paris XII, il a travaillé dans l'éducation au Tchad, au Cameroun et en Côte d'Ivoire, avant d'enseigner aux États-Unis, notamment les littératures et cultures africaines au Bryn Mawr College de Philadelphie. Chercheur associé au Centre de recherches pluridisciplinaires sur les communautés d'Afrique noire et des diasporas (CERCLECAD, Ottawa), il est l'auteur de plus de vingt ouvrages, parmi lesquels Abattre la Françafrique ou périr. Le dilemme de l'Afrique francophone (L'Harmattan, 2014) et L'Afrique francophone est-elle condamnée ? (L'Harmattan, 2020).
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